Introduction
Dr Hanna Cohen Pérez

La Tunisie, le plus petit des pays maghrébins, se trouve à l’est de l’Afrique du Nord. Sa forme longue et étroite facilitait l’exercice du pouvoir et la communication entre les diverses régions. Depuis toujours, la Tunisie avait possédé un centre gouvernemental clair. Ce fut Carthage dans l’Antiquité, Kairouan lors de la conquête arabe et Tunis jusqu’à nos jours. La majeure partie de la population se concentre tout au long des côtes urbanisées, qui ont, par le passé, attiré de nombreux conquérants.

Au centre du pays, vers le sud et aux portes du désert, se trouvent trois oasis, autour desquelles se développa, semble-t-il, la première civilisation, qui daterait de la période néolithique. Cette souche donna naissance à la civilisation berbère, fruit de la rencontre des indigènes avec les populations venues de l’Orient égyptien et des côtes nord-africaines. Vers le troisième millénaire, ils commencèrent à pénétrer dans la région, pour échapper aux changements climatiques, responsables du dessèchement progressif du Sahara (1).

Géographiquement, il existe une grande différence entre le nord et le sud de la Tunisie. Le nord du pays, qui comprend le tiers de sa surface, est la région la plus fertile avec un climat tempéré. Le sud, qui s’étend sur les deux-tiers du pays, englobe une partie du désert du Sahara irrigué par une grande oasis, « Shout El Jerrid ». Les deux-tiers de la population vivent au nord du pays et le dernier tiers, constitué de tribus, réside au sud (2).

La Tunisie, ouverte à l’Occident par ses longues côtes sur la Méditerranée a attiré les conquérants depuis l’Antiquité.

Les Phéniciens, selon certaines hypothèses, amenèrent avec eux les premiers Juifs de Terre sainte à Tunis. Jusqu’ici des trouvailles archéologiques de l’époque romaine qui suit l’époque phénicienne (146 av. J.-C.), comme les vestiges de la synagogue de Néro découverts en 1883 à Hammam Lif, ainsi que des inscriptions juives sur des tombes à Carthage et à Hammam Lif (3) avaient prouvé clairement l’époque de la présence juive en Tunisie. Or, une nouvelle récente découverte démontre que la présence juive en Tunisie daterait d’une époque bien plus reculée. En effet, une mosaïque représentant un chandelier similaire à ceux trouvés dans d’anciennes synagogues qui évoque certainement un lieu sacré du judaïsme, remontant de la fin de l’antiquité, a été mise au jour dernièrement, à Kélibia, à 110 km au sud de Tunis, sur le littoral nord-est de la Méditerranée. Cette découverte est d’une grande importance puisqu’elle constitue peut-être, la première preuve d’une présence antique du judaïsme dans cette région du Cap Bon, en Tunisie (4).

La population juive dans le Sud tunisien, faible et dispersée, était constamment à la recherche de nouvelles ressources. Certaines communautés ne comprenaient que quelques familles (5). Ces dernières s’installaient parmi la population locale islamique dans les régions habitées par les tribus qui vivaient autour des sources d’eau et en particulier autour de l’oasis Shout El Jerrid. Là, les Juifs étaient agriculteurs ou bergers comme les berbères (6).

Dans l’île de Djerba, un noyau humain juif important s’était formé et, selon les légendes, il aurait été le premier et daterait de la destruction du premier Temple de Jérusalem par Nabuchodonosor, en 586 av. J.-C. (7).

La conquête arabe, en 669, changea le sort du pays qui adopta l’islam et la langue arabe (8). La population berbère finit par se convertir à la religion musulmane non sans une certaine résistance menée par la Kahena, la reine des vastes chaînes montagneuses des Aurès en Algérie. L’historien Ibn Khaldun, entre autres, affirme qu’elle était juive (9).

La fondation de Kairouan (qui devint la capitale du pays) par les Arabes (en 670) entraîna la création de l’une des plus importantes communautés juives d’Afrique du Nord. Cette communauté, composée de Juifs au profil urbain connut un rayonnement spirituel et culturel, jusqu’au milieu du XIe siècle (10).

Au XIe siècle, le pays fut ravagé par ce que nomme Ibn Khaldun « la seconde invasion arabe ». Le Khalife d’Egypte avait alors envoyé ses terribles troupes de bédouins originaires d’Arabie, pour « mettre de l’ordre » dans le pays où les Berbères revendiquaient leur indépendance. Ces troupes islamisèrent alors par la force ceux qui n’étaient pas musulmans. Le pays fut ravagé et Kairouan détruite (en 1057). La population juive, traquée, se dispersa vers les villes côtières de Mahdia, Sousse et Tunis. En 1270, Kairouan, reconstruite, fut consacrée ville sainte de l’islam avec interdiction de séjour pour les Juifs.

La Berbèrie  orientale, comprenait, à part la Tunisie actuelle, une partie de la Libye et une partie du Constantinois, aujourd’hui en Algérie. Au début du XIIIe siècle, la Berbèrie devint un État indépendant et la dynastie des Hafsides fut fondée. Cette dernière fit de Tunis sa capitale, qui se développa surtout grâce au commerce. Ce fut une période plus clémente pour la minorité juive qui fut autorisée à pratiquer sa religion selon les lois du dhimi (11).

En 1574, la Tunisie constitua un pachalik de l’Empire ottoman et accéda peu à peu à une autonomie, sous les deys puis sous les beys. Les Juifs y jouaient un rôle important dans les échanges commerciaux et dans les relations d’affaires avec l’Europe. Ils servirent même d’intermédiaires, réussissant à faire libérer les chrétiens de l’esclavage corsaire (12). Il est clair qu’un certain nombre de Sepharadim, expulsés d’Espagne arrivèrent, entre autres, en Tunisie. Au XVIIe siècle il y eut un « schisme » (13) lorsqu’aux Juifs autochtones, les Twansa, vinrent s’ajouter ceux venus de Livourne, les Grana, des Juifs occidentaux d’origine espagnole ou portugaise. Le conflit entre les Grana et les Twansa fut inévitable. Bien que n’étant qu’un dixième de la population juive, les Juifs livournais étaient prééminents. Ils étaient fiers de leurs origines ainsi que de leur culture et de leur instruction. Ils étaient médecins, avocats, commerçants et connaissaient différentes langues à Livourne. Le conflit avec la communauté juive locale n’était pas dans les dogmes du judaïsme mais plutôt dans « la menace » que leur émancipation représentait à leurs yeux : une menace de laïcité possible (14). Le choc était culturel, car les Grana représentant l’Europe inquiétaient les Twansa qui voyaient en eux un réel danger d’abolition de leur judaïsme. Les Juifs de Livourne, cultivés et émancipés, étaient surtout commerçants, à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Au fil des siècles, malgré les nombreux conquérants et leurs persécutions, la minorité juive s’était adaptée et assimilée à la majorité de la population autochtone, devenue musulmane dans sa quasi-totalité. Elle avait adopté la langue arabe, qui deviendra pour les Juifs, à côté de l’hébreu, une langue d’étude, d’expression et parfois même de prière et de liturgie. L’hébreu se maria avec l’arabe pour donner naissance à une « langue-barrière » nouvelle, le judéo-arabe, qui remplira les fonctions contradictoires d’intégrer une communauté au sein d’un arabisme dont elle se protégeait grâce à la barrière de son hébraïsme (15).

À l’extérieur, les hommes juifs côtoyaient quotidiennement les musulmans : dans les domaines du commerce, comme dans les souks. Le dialogue existait constamment et la langue d’échange, l’arabe, facilitait le contact, le développement des relations et l’intégration.

La majorité des communautés juives se concentrait dans des quartiers juifs, la hara au cœur des villes, dans laquelle la densité de population était insoutenable, la pauvreté incroyable et les conditions inhumaines surtout à Tunis (16). On pouvait trouver alors de pauvres femmes juives qui pour essayer d’avoir quelques ressources, travaillaient comme employées de maisons chez des musulmans.
Dans les villes, une partie des Juifs exerçaient les mêmes métiers que les musulmans : tailleurs, teinturiers, cordonniers, menuisiers. D’autres possédaient des métiers spécifiques à cette communauté : bijoutiers, joailliers, orfèvres. Certains Juifs frappaient les monnaies et étaient préposés à leur vérification. Ils occupaient également de nombreux emplois dans les finances. Ils ne travaillaient pas seulement dans les métaux précieux, ils étaient aussi commerçants dans le pays et à l’étranger. Il existe peu de détails sur les métiers des Juifs dans les lointaines provinces. Les commerçants ambulants, par exemple, qui se déplaçaient à dos d’âne avec leurs marchandises, se trouvaient surtout dans les villages et les coins les plus reculés.

L’influence culturelle musulmane trouvait son expression dans toutes les couches sociales des communautés juives tunisiennes. La bigamie, très répandue dans la société et la religion musulmane, n’était pas usuelle dans la religion juive. Cependant on avait une attitude permissive lorsqu’un Juif prenait une seconde épouse, surtout si la première n’avait pas donné de progéniture. Il en était de même quant au statut de la femme et au profil de la famille patriarcale juive. La rencontre entre les deux sociétés, la juive et la musulmane, se faisait aussi à plusieurs niveaux populaires comme l’habit, les coutumes, la spiritualité (17) et même la cuisine.

Comme la musulmane, la Juive tunisienne ne pouvait faire partie des institutions ou des organisations religieuses. Il en était de même pour le rituel dans les lieux de prières. La Juive comme la musulmane ne sortait qu’en compagnie. Toutes les denrées alimentaires étaient achetées par le père de famille. La musulmane devait se voiler pour ne pas être vue et profanée par le regard d’un homme autre que son mari. La Juive qui n’avait aucune obligation de cette sorte prenait quand même le voile pour sortir. Elle se protégeait des attaques possibles de musulmans qui étaient « libres » de le faire alors qu’ils étaient automatiquement condamnés sévèrement s’ils osaient s’en prendre à la musulmane (18). La place de la femme juive comme celle de la musulmane était au foyer.

Si « les Juifs indigènes, Twansa, « Tunisiens » cultivent plutôt la tradition locale et leurs références sont orientales », on verra s’opérer un changement radical avec l’instauration du protectorat français en 1881. L’influence française alors, fut telle, qu’elle transforma la société juive. Les jeunes, en particulier, ne se contentèrent pas d’adopter les modes vestimentaires européennes, mais aussi le mode de vie. Ils abandonnèrent l’étude juive et les synagogues dans lesquelles ils ne se rendaient plus que pour les grandes fêtes. On pouvait alors les voir sortir, filles et garçons, pour aller au cinéma et au théâtre, ou pour s’asseoir dans les cafés fréquentés jusqu’alors exclusivement par des hommes.

Au sud, où l’opposition à l’influence occidentale était la plus forte, on pouvait voir encore en 1955 l’assimilation culturelle des Juives dans la société musulmane. Cornet décrit les Juives d’El Guettar, de Tozeur, du sud tunisien et en partie de Djerba qui filent et tissent la laine suivant le métro des classiques musulmanes (19).

La période du protectorat français opéra un véritable changement jusqu’à transformer la société juive tunisienne en société occidentale, du moins celle des grandes villes côtières où les Français avaient établi leur siège et qui attiraient les Juifs de tout le pays. C’est ainsi que commença pour les Israélites une prospère révolution culturelle et sociale, interrompue temporairement pendant la dure période de la Deuxième Guerre mondiale, durant laquelle les Allemands envahirent la Tunisie.
Le Sud intérieur tunisien et l’île de Djerba en particulier ne furent que très peu influencés par la vie moderne française, gardant leur unité culturelle, sociale et religieuse.
Cette période d’émancipation et de prospérité occidentalisa les Juifs urbains et, en tête, Tunis. La capitale était devenue un aimant pour les communautés juives de Tunisie qui y arrivaient dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie.

Les Français intervinrent dans tous les domaines de la vie communautaire juive, jusqu’à vouloir décider de la nomination du grand rabbin de toute la Tunisie, qui se devait être un Juif français. Cette décision éveilla une véritable révolte dans la communauté, qui s’y opposa fermement exigeant la nomination d’un grand-rabbin d’origine tunisienne. Le parti conservateur prit les devants en rédigeant une pétition invitant la population juive de toute la Régence à soutenir son point de vue et gagna: Le rabbin Youssef Guez, Juif tunisien autochtone, fut élu en 1928 Grand-Rabbin de Tunisie, et le demeura jusqu’à sa mort en 1934: Il s’attela à organiser le Rabbinat en améliorant les bases de l’enseignement hébraïque et en unifiant les moyens, les ressources et la direction (20).

L’indépendance d’Israël en 1948 provoqua le départ d’une forte population juive, animée d’idéaux religieux et patriotiques. L’exode de la population juive – 70 971 Juifs de nationalité tunisienne – commença. En 1956, on ne comptait plus que 57 786 Juifs en Tunisie. Cet exode allait se poursuivre après l’indépendance de la Tunisie. Entre 1956 et 1962, les Juifs de Tunisie pouvaient être classés en trois catégories : les capitalistes qui ne pouvaient quitter le pays à cause de leurs biens, les bourgeois qui espéraient des jours meilleurs, et les intellectuels qui voulaient prendre part à cette nouvelle vie. Or, les lois instaurées depuis peu, annulèrent le tribunal rabbinique puis le comité. Ce fut l’autonomie de la communauté juive qui avait ainsi disparue.

L’exode des Juifs de Tunisie allait donc se poursuivre.

1. Tunisie – Espace de rêve, Grund, Paris, 2003, p. 20. 
2. Saadoun H., « Haaretz veyéhoudéha », in Tunisia – Quehilot Israël bamizrah baméot hatchaésré véhaéssrim, Institut Ben Zvi et ministère de l’Éducation nationale, Jérusalem, 2005 (en hébreu). 
3. Attal R., Sitbon C., De Carthage à Jérusalem – La Communauté Juive de Tunis, Beit Hatfutsot, Tel Aviv, p. 10, en hébreu, français et anglais. Sebag P., Histoire des Juifs de Tunisie, l’Harmattan, Paris, p. 10. Saadoun, H., op. cit. p. 7. 
4. L’origine de cette nouvelle est d’un article de l’agence Belga. L’institut national du Patrimoine (INP) Tunis relaye cette découverte du site des fouilles dirigées par Mounir Fantar, chargé du chantier de la province de Nabeul: Ces vestiges, sans doute une synagogue antique, « en tout cas un lieu sacré », ont été découverts lors de travaux de voirie menés au pied de la forteresse surplombant le port de Kélibia, à 110 km au sud de Tunis, sur le littoral nord-est de la Méditerranée. Il s’agirait d’une première, les vestiges constituant la première preuve d’une présence antique du judaïsme dans cette région du Cap Bon. La représentation de chandeliers à sept branches, symboles du judaïsme, ne laisse aucun doute sur la présence d’un lieu sacré juif. Le monument, daté a priori du 5e siècle avant JC, est constitué d’une mosaïque « en parfaite conservation » et dont les motifs dessinent douze chandeliers à sept branches. Cette œuvre célèbre l’accomplissement du vœu d’un mécène du nom d’Ivdantis (Judas). (NLE). 
5. Abramski-Bligh, I., éd , op. cit., pp. 402-488. La communauté juive de Tamezret, petit village de grottes, ne comprenait que sept familles, au début du XVIII e siècle. Matmata, le village voisin dont les habitations sont du genre troglodyte, comprenait trente familles juives. 
6. Cf., pp. 493-494 et 415. La dispersion de la population en Tunisie était si grande qu’il n’y aurait presque pas de région où ne seraient pas arrivés quelques Juifs. Cependant il ne s’agit que de quelques personnes qui ne s’éloignaient guère des centres communautaires des grandes villes que ce soit au nord ou au sud. Des Juifs agriculteurs se trouvaient aussi à Nabeul, petite ville côtière sur le golf d’Hammamet au nord-est de la Tunisie à soixante kilomètres environ de Tunis. 
7. Attal, R. et Sitbon, C., op. cit. p. 13. 
8 .Van Chi-Bonnardel, R., Grand Atlas du continent Africain, Édition Jeune Afrique, Paris, 1973. 
9. Ibn Khaldun, A. E. R., Muqaddimah, Mossad Bialik, Jérusalem, 1966- 2002, en hébreu, p. 12. 
10. Ben Sasson, M., Tsmihat hakehila hayehoudit bearatsot haislam, Kairouan, 800-1057, Magnes, Jérusalem, 1997, en hébreu, pp. 33-100.
11. Saadoun, op. cit., p. 41 : Dhimi- Protégés. Le dhima est le statut juridique des « fils du Livre », les Juifs et les chrétiens qui selon la loi islamique sont inférieurs. Il leur est cependant permis de pratiquer leur culte et leur administration de manière autonome. 
12. Attal, R., et Avivi, J., Registres matrimoniaux de la communauté juive portugaise de Tunis aux XVIIIe et XIXe siècles, Jérusalem, 1989, pp. 1-13. 
13. Chouraqui, A., Histoire des Juifs en Afrique du nord. En exil au Maghreb, Hachette, Paris, 1998. 
14. Amar, M., Hasifrut Harabanit (de l’hébreu, la littérature rabbinique), in Tunisia, Saadoun, H., éd., p.100. Chouraqui, A., Histoire des Juifs en Afrique du nord. En exil au Maghreb, Hachette, Paris, 1998, p. 147. Sebag, P., Histoire des Juifs de Tunisie des Origines à nos jours, Paris, L’Harmattan, 1991, p. 70. 
15. Chouraqui, A., op. cit. p. 142. 
16. Ryvel, L’Enfant de l’Oukala et autres contes de la Hara, Éditions de « La Kahena », Paris, 1930-1980, p. 9: la Hara est le ghetto de Tunis. Un lieu de dialogue avec la mort. Abramski- Bligh, I., op. cit., p. 221. Sebag, P., op. cit, p. 70. Attal, R., Regards sur les Juifs d’Algérie, L’Harmattan, Paris, 1996, p.16 : « Du fait de l’interdiction faite aux musulmans de travailler l’or et l’argent les Juifs étaient souvent bijoutiers et orfèvres. La teinturerie des étoffes était aussi leur spécialité. D’une manière générale, ils exerçaient tous les états que – les musulmans leurs abandonnaient. » 
17. Le soufisme, courant mystique de l’islam, apparaît au XIIIe siècle environ. La Kabbale du judaïsme, apparaît environ à la même époque. Certains chercheurs prétendent discerner une certaine influence «soufie » sur la Kabbale. 
18. La jeune fille juive tunisienne était convoitée par les musulmans et sujette à être victime d’enlèvement, comme l’illustre si bien l’extrait du rapport de Jean L. lugan, envoyé en mission à Tunis en 1930 : l’enlèvement de Gammara, une jeune fille juive, jolie enfant de quatorze ans, petite de taille mais fraîche et bien faite, convoitée par Habib, un maure qui servait de domestique. Il finit par à arriver à ses fins puisqu’il réussit à l’enlever et à la violer. Comme « ce n’était qu’une Juive », la punition qui lui fut infligée par le Caïd fut une « douloureuse bastonnade ». Or, si la fille avait été musulmane, Habib aurait traîné le Boulet toute sa vie à La Goulette. La situation juridique officielle des Juifs en Tunisie les laissait sans défense. Lugan, J.-L., « Revue de Paris », juin-septembre 1836 in Regards sur les juifs de Tunisie, op. cit., pp. 53-60. Sebag, P., op. cit., p. 128. « Il arrivait que les jeunes filles juives fussent enlevées par des musulmans et contraintes d’embrasser l’islam ». 
19. Cornet, H., « Les Juifs de Gafsa », in Les cahiers de Tunisie – Revue des Sciences Humaines, Tunis, 1955, pp. 226-285. 
20. Attal, R., « Polémique autour de la désignation d’un grand rabbin de Tunisie en 1928 », in Revue des Etudes juives. CLI (1-2) janvier -juin 1992, pp. 95-140.

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